mardi 31 décembre 2013

Django, prépare ton cercueil (Ferdinando Baldi, 1968)


Django ( Terence Hill ), convoyeur de fonds, est trahi par son ami David Barry (Horst Frank). Laissé pour mort lors d'une attaque, il voit sa femme être assassinée par Lucas (George Eastman), le bras droit de Barry. Cinq ans plus tard, devenu bourreau, Django monte un gang avec des hommes faussement accusés de crimes commandités par Barry, hommes que Django a sauvés de la potence.

Cette énième fausse suite du Django de Sergio Corbucci se révèle l'une des plus plaisantes. Si Ferdinando Baldi n'est pas le plus génial des réalisateurs de westerns transalpins, et si il n'égale pas ici la réussite de son Blindman, le justicier aveugle, il parvient à s'inscrire dans la lignée de son modèle en respectant les attributs du personnage, avec notamment une scène à base de mitrailleuse cachée dans une tombe que les puristes auront probablement anticipé.




Dans le rôle titre, Terence Hill n'est pas encore le cow-boy parodique et souriant qui le fera connaître (il a pourtant collaboré pour la première fois avec Bud Spencer l'année précédente dans le Dieu pardonne... moi pas ! de Giuseppe Colizzi) et tente une curieuse imitation de Franco Nero, auquel il parvient à ressembler de manière surprenante. Malheureusement il n'égale pas l'intensité de jeu du Django originel, tout en livrant une prestation en rien honteuse. Le duo de méchants est en revanche des plus réjouissants, avec Horst Frank (l'allemand Théo dans Les Tontons Flingueurs) et George Eastman, ex-Django également, qui s'en donnent à cœur joie. Le scénario se concentre intelligemment sur le personnage du mexicain Garcia, leader des " revenants " sauvés par Django qui trahira son sauveur par appât du gain. Plus subtil que ce qu'il parait être, il sera le seul protagoniste à évoluer au fur et à mesure du film et à inscrire celui-ci dans une veine politique moins évidente que chez Sollima ou Damiani par exemple, mais demeurant intéressante.





L'un des défauts de Baldi est sans doute de ne pas être suffisamment inventif sur le plan de la mise en scène et il peine ainsi à trouver une identité visuelle, à l'instar de la musique de Gianfranco Reverberi qui propose un agréable mais peu original pastiche de Morricone. Pour autant, le quota d'action est rempli (attaques de diligences, règlement de comptes, duels en pleine rue, mitraillage de sbires et incendies de saloons répondent tous aux abonnés présents) et les quelques revirements de situation maintiennent jusqu'au bout l'intérêt du spectateur. En plus de celle de Corbucci, l'influence de Leone est assez manifeste et l'on retrouve un tabassage de Django très proche de la scène analogue dans Et pour quelques dollars de plus ainsi que des libérations de pendus rappelant fortement Le bon, la brute et le truand. Là ou les grandes réussites du genre, en dehors des trois Sergio, avaient vu des cinéastes se réapproprier l'esthétique du western italien (l'univers gothique d'un Margheriti, l'esthétique gore d'un Fulci ou encore le surréalisme apporté par Giulio Questi), Ferdinando Baldi offre ici un bon film de série largement regardable sans figurer parmi les plus mémorables de l'époque.

A la suite du succès de la saga Trinita, le film fut rebaptisé Trinita, prépare ton cercueil et reste parfois trouvable sous ce titre. Si de nombreuses suites de Django n'ont en réalité aucun rapport avec le personnage d'origine, il est toutefois évident ici qu'on a bien affaire à un Django et surtout pas un Trinita, personnage qui sera crée deux ans plus tard par Enzo Barboni.

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